Les communiqués de l'AFSP
Positions & prises de positions pour une défense efficace de la science politique


Communiqué du 15 décembre 2014
 
 
A la veille d’un nouveau procès concernant notre collègue Alain Garrigou, l’AFSP lui renouvelle son soutien et rappelle les termes de son communiqué du 7 janvier 2010 visant à défendre la liberté des enseignants-chercheurs et chercheurs dans leur activité de recherche et d’enseignement supérieur. L’Association continue à s’inquiéter des tentatives d’intimidation judiciaire qui visent à entraver cette liberté fondamentale.

Lire aussi la tribune d'A. Garrigou "La science politique est un sport de combat" (24/11/14)...  

Communiqué du 17 octobre 2014 sur le décret CNU
 

Lors de sa réunion du 17 octobre dernier, le Conseil d’administration de l’Association Française de Science Politique (AFSP) a évoqué le débat qui entoure la rédaction du prochain décret CNU.
Le CA de l’AFSP partage largement les inquiétudes émises par la Commission permanente du Conseil National des Universités (CP-CNU) à propos du risque de voir, dans l’ensemble des disciplines universitaires, des chercheurs de statut privé, et/ou qui n’auraient pas nécessairement un titre de docteur ou une HDR, et/ou qui n’auraient pas une réelle expérience dans l’enseignement supérieur, participer aux prochaines procédures de qualification ou d’avancement des universitaires. Comme la CP-CNU, le CA de l’AFSP s’est déclaré favorable à la suppression de cette modification du décret CNU qui est lourde de menaces.
Le CA de l’Association, comme la section 04 CNU, rappelle aussi que les chercheurs et enseignants-chercheurs de statut de droit privé relevant de la FNSP ont eux pleinement vocation à être considérés au même titre que les chercheurs du CNRS et enseignants-chercheurs titulaires des universités comme membres associés au fonctionnement des instances du CNU.
Par ailleurs, le CA de l’Association se déclare défavorable à la perspective d’une voie spéciale d’intégration au corps professoral de notre discipline échappant à la souveraineté scientifique de la section 04 CNU et aux critères usuels d’avancement de carrière élaborés par cette dernière.

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Communiqué du 17 octobre 2014 sur la situation à l'IEP d'Aix-en-Provence

Lors de sa réunion du 17 octobre dernier, le Conseil d’Administration de l’Association Française de Science Politique (AFSP) a évoqué la détérioration de la situation à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, partenaire officiel de son prochain Congrès national en 2015.
Le CA de l’AFSP a été particulièrement sensible aux lettres rédigées par les directeurs et directrices des IEP du réseau du concours commun (Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg et Toulouse) qui, en date du 30 septembre et du 13 octobre dernier, ont alerté les membres du CA de l’IEP d’Aix-en-Provence d’un certain nombre de dysfonctionnements majeurs dans la politique de diplomation « externalisée » de l’établissement (voir ici la dépêche AEF n°488719 du 17 octobre 2014). Le CA de l’AFSP partage la vive inquiétude de ces derniers à propos notamment de l’atteinte à l’image et à la notoriété des IEP dans le paysage académique et scientifique français que ce dossier, aujourd’hui largement publicisé, laisse craindre. Cette inquiétude est d’autant plus forte que la notion même d’ « études politiques » qui sert de label à la politique d’externalisation mise en œuvre à Aix-en-Provence contredit l’action de l’Association depuis son origine : contribuer, en lien avec ses adhérents individuels et institutionnels, à garantir la scientificité et la rigueur d’une approche disciplinaire, celle de la science politique, qui a vocation à nourrir tant l’offre de formation que les programmes de recherche scientifique des établissements universitaires (IEP, départements universitaires, laboratoires) associés à son développement en France.
Le CA de l’AFSP demande à l’administration de l’IEP d’Aix-en-Provence de clarifier la situation et de renouer en interne avec un mode de gouvernance qui soit susceptible de rétablir la confiance des équipes pédagogiques, scientifiques et administratives locales et le rayonnement de l’établissement à l’extérieur. Le CA de l’AFSP est aussi sensible à la situation des étudiants (anciens et actuels), des doctorants et des jeunes chercheurs de l’établissement qui appréhendent les conséquences de cette situation. Il est, par ailleurs, solidaire des collègues politistes aixois qui ont courageusement défendu une position éthique en accord avec les valeurs de notre communauté scientifique.
Tout en confirmant sa volonté d’organiser à Aix-en-Provence le Congrès de 2015, le CA de l’Association sera convoqué de manière extraordinaire au début du mois de décembre prochain pour apprécier l’évolution de ce dossier.

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Communiqué AFSP du 10 juin 2014

Lors de sa réunion du 3 juin dernier, le Conseil d'administration de l'AFSP a voté à l'unanimité de ses membres présents une motion de solidarité avec l'action de la Section 40 du Comité National du CNRS relative au non respect du travail collégial de la section concernant les accueils en délégation d'enseignants-chercheurs pour l'année universitaire à venir.
L'AFSP est en conséquence solidaire du communiqué rendu public par la Section 40 le 7 juin dernier. Elle en partage pleinement les inquiétudes.

Communiqué de la Section 40 du CNRS en date du 7 juin 2014
La section 40 du Comité National a été informée cette semaine des décisions du CNRS concernant les accueils en délégation d'enseignants-chercheurs en 2014-2015.
Elle constate que ses avis n'ont été que partiellement pris en compte : près d'un tiers des candidats (5) pour lesquels l'avis de la section était favorable ou très favorable n'ont pas été retenus; dans un cas, la délégation a été décidée alors que l'avis de la section était défavorable. La comparaison des avis de la section, de ceux des universités et des décisions prises ne permet pas de dégager des critères clairs dans le choix d'une partie des candidats.
Les membres de la section observent la même tendance pour ce qui est des demandes de soutien financier des revues, évaluées lors de la session d'automne 2013: cinq revues pour lesquelles l'avis de la section était très favorable n'ont pas reçu le soutien de l'Institut des sciences humaines et sociales.
Par ailleurs, la création d'une Unité Mixte Internationale au sein de la University of California at Los Angeles a été entérinée par l'Institut alors que la section avait exprimé, en novembre dernier, de fortes réserves à ce sujet.
Les membres de la section 40 sont particulièrement préoccupés de cette évolution et s'interrogent sur le sens de leur travail collégial d'évaluation si celui-ci est aussi peu pris en compte par la direction du CNRS.
La section 40

      

Communiqué AFSP du 5 octobre 2011

Paris, 5 October 2011
Dear Member of the European Parliament
The French Political Science Association (Association Française de Science Politique) would like to draw your attention to an issue that is of great importance for the research and higher education landscape of France: the inclusion of social sciences and humanities in the future funding programmes of the European Union.
We are member of ECPSA, the European Confederation of Political Science Associations, which earlier this year addressed the Commission with our proposals for the Eighth Framework Program and our position to the Green Paper. We would like to provide you with as much information as possible for the upcoming negotiations of the Eighth Framework Programme.
For this purpose we include:
ECPSA’s letter to Commissioner Geoghegan-Quinn of February, 28, 2011
ECPSA’s position paper on the Commission’s Green Paper of May, 25, 2011
ECPSA’s mission statement for some initial information on the goals and activities of our European confederation.
If we can be of any further help in this process, please let us know.
Kind regards
Nonna MAYER President of French Political Science Association (AFSP)
Research Director at CNRS (CEE, Sciences Po Paris)

Télécharger la lettre de Nonna Mayer aux membres du Parlement Européen et les textes mentionnés en annexes...

Communiqué AFSP du 12 avril 2011

L’Association Française de Science Politique s'oppose au projet lancé par le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur relatif à la création d’une nouvelle section du Conseil National des Universités (CNU) consacrée à la criminologie. L’Association partage les inquiétudes exprimées par l’Association Française de Criminologie dans son communiqué du 14 mars dernier [http://www.afc-assoc.org/?q=node/34]. A quelques mois d’une recomposition de la composition du CNU, à un moment où la campagne électorale qui accompagne ce renouvellement est déjà engagée, l’Association entend combattre toute volonté arbitraire et politique de redécoupage du CNU qui ne pourrait que modifier les équilibres internes aux disciplines reconnues légitimement, notamment au sein du groupe 1. Elle appelle surtout l’attention de ses membres sur les risques d’une instrumentalisation politique nocive des savoirs liés au champ des politiques pénales et de la criminologie, mais aussi des relations internationales. L’interdisciplinarité qui constitue aujourd’hui la caractéristique de ce champ scientifique, au croisement du Droit, de la Sociologie, de l’Histoire et de la Science politique et des Sciences médicales et cliniques, en fait un espace de dialogue fructueux à condition qu'il soit mené entre disciplines solidement constituées. Le projet actuel du ministère menace de condamner cette interdisciplinarité à la stérilité scientifique, perspective que l'AFSP ne peut que condamner fermement.

Sur cette question, voir aussi la motion de contestation rédigée par le CESDIP (http://www.cesdip.fr/spip.php?article552) et celle de la revue Champ pénal (http://champpenal.revues.org/7999)

FEVRIER 2012 / CESDIP / Sur l’imminente section "criminologie" du CNU - Compte-rendu d’une entrevue avec le cabinet du ministre de l’enseignement supérieur
http://www.cesdip.fr/spip.php?article608

Communiqué AFSP du 24 septembre 2010

La Fondation franco-japonaise, dite Sasakawa (FFJDS), a été déboutée de son action en diffamation contre la directrice de recherche à Sciences-Po/CERI Karoline Postel-Vinay. L'AFSP, qui dès un communiqué du 11 février dernier accordait son soutien à la chercheuse, se réjouit du verdict rendu mercredi 22 septembre 2010 par la 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris qui met fin à une procédure lourde de menaces pour la liberté des recherches universitaires et scientifiques.
Le tribunal a établi qu’"il est légitime, de la part d’une directrice de recherche en relations internationales spécialiste de l’Asie, agissant aux côtés d’autres personnes, d’attirer l’attention des participants à un colloque organisé dans le cadre de la célébration du 150ème anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon, du ministre des affaires étrangères, de diverses personnalités et des médias, sur le problème que pouvait poser le fait que le principal partenaire financier de cette manifestation soit une fondation dont la dénomination comporte le nom d’un personnage particulièrement controversé de l’histoire du Japon, comme il était également légitime de fournir des informations sur cette fondation, ainsi que sur ce personnage, qui n’étaient pas forcément connus du grand public français. La défenderesse fait d’ailleurs justement observer à cet égard que la fondation japonaise a changé de dénomination pour cesser d’utiliser le nom de SASAKAWA et éviter ainsi toute suggestion d’appartenance à son fondateur".
La Société Française des Etudes Japonaises http://sfej.asso.fr/site/SoutienSFEJKarolyne%20Postel-Vinay.html a vu quant à elle dans cette action de la FFJDS une tentative d'"obtenir d'un tribunal français l'interdiction officielle d'évoquer un sujet qui, actuellement, relève du libre débat intellectuel".

Communiqué AFSP du 7 janvier 2010

Dans nos métiers, ceux de la recherche et de l’enseignement, nous sommes amenés à travailler sur des sujets souvent sensibles (le populisme, l’extrême droite, les violences politiques, les usages sociaux des sondages…) qui amènent parfois les acteurs politiques ou médiatiques concernés à réagir fortement aux protocoles méthodologiques mis en œuvre et aux résultats scientifiques énoncés. L’actualité récente, que l’on songe à la condamnation finalement (et heureusement) non confirmée en dernière instance d’Isabelle Sommier, de Xavier Crettiez et de Juan J. Torreiro l’année dernière ou récemment à la procédure judiciaire qui vise Alain Garrigou [en savoir plus]), voit se multiplier les procédures judiciaires et parfois disciplinaires [en savoir plus].
L’Association Française de Science Politique s’inquiète de cette judiciarisation croissante des controverses en sciences sociales et politiques. Face à la multiplication des actions judiciaires ou disciplinaires visant des enseignants et chercheurs spécialistes de la vie politique contemporaine, l’AFSP rappelle que, comme celle de la presse, la « liberté scientifique ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ». Elle appelle tous ses membres à se montrer vigilants vis-à-vis de ces procédures qui pourraient menacer à terme notre liberté d’intervention dans l’espace public et médiatique. En lançant en septembre dernier une réflexion collective sur l’éthique de nos pratiques professionnelles [http://forumethique-afsp.over-blog.fr/], l’Association entend aussi montrer que notre communauté possède en elle-même les ressources susceptibles de construire collectivement un mode d’intervention maîtrisé dans l’espace public.
L’Association Belge de Science Politique pour la Communauté française (ABSP-CF) partage nos préoccupations et s’associe à ce communiqué.