Les communiqués de l'AFSP
Positions & prises de positions pour une défense efficace de la science politique

 

Communiqué AFSP du 5 octobre 2011

Paris, 5 October 2011
Dear Member of the European Parliament
The French Political Science Association (Association Française de Science Politique) would like to draw your attention to an issue that is of great importance for the research and higher education landscape of France: the inclusion of social sciences and humanities in the future funding programmes of the European Union.
We are member of ECPSA, the European Confederation of Political Science Associations, which earlier this year addressed the Commission with our proposals for the Eighth Framework Program and our position to the Green Paper. We would like to provide you with as much information as possible for the upcoming negotiations of the Eighth Framework Programme.
For this purpose we include:
ECPSA’s letter to Commissioner Geoghegan-Quinn of February, 28, 2011
ECPSA’s position paper on the Commission’s Green Paper of May, 25, 2011
ECPSA’s mission statement for some initial information on the goals and activities of our European confederation.
If we can be of any further help in this process, please let us know.
Kind regards
Nonna MAYER President of French Political Science Association (AFSP)
Research Director at CNRS (CEE, Sciences Po Paris)

Télécharger la lettre de Nonna Mayer aux membres du Parlement Européen et les textes mentionnés en annexes...

Communiqué AFSP du 12 avril 2011

L’Association Française de Science Politique s'oppose au projet lancé par le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur relatif à la création d’une nouvelle section du Conseil National des Universités (CNU) consacrée à la criminologie. L’Association partage les inquiétudes exprimées par l’Association Française de Criminologie dans son communiqué du 14 mars dernier [http://www.afc-assoc.org/?q=node/34]. A quelques mois d’une recomposition de la composition du CNU, à un moment où la campagne électorale qui accompagne ce renouvellement est déjà engagée, l’Association entend combattre toute volonté arbitraire et politique de redécoupage du CNU qui ne pourrait que modifier les équilibres internes aux disciplines reconnues légitimement, notamment au sein du groupe 1. Elle appelle surtout l’attention de ses membres sur les risques d’une instrumentalisation politique nocive des savoirs liés au champ des politiques pénales et de la criminologie, mais aussi des relations internationales. L’interdisciplinarité qui constitue aujourd’hui la caractéristique de ce champ scientifique, au croisement du Droit, de la Sociologie, de l’Histoire et de la Science politique et des Sciences médicales et cliniques, en fait un espace de dialogue fructueux à condition qu'il soit mené entre disciplines solidement constituées. Le projet actuel du ministère menace de condamner cette interdisciplinarité à la stérilité scientifique, perspective que l'AFSP ne peut que condamner fermement.

Sur cette question, voir aussi la motion de contestation rédigée par le CESDIP (http://www.cesdip.fr/spip.php?article552) et celle de la revue Champ pénal (http://champpenal.revues.org/7999)

FEVRIER 2012 / CESDIP / Sur l’imminente section "criminologie" du CNU - Compte-rendu d’une entrevue avec le cabinet du ministre de l’enseignement supérieur
http://www.cesdip.fr/spip.php?article608

Communiqué AFSP du 24 septembre 2010

La Fondation franco-japonaise, dite Sasakawa (FFJDS), a été déboutée de son action en diffamation contre la directrice de recherche à Sciences-Po/CERI Karoline Postel-Vinay. L'AFSP, qui dès un communiqué du 11 février dernier accordait son soutien à la chercheuse, se réjouit du verdict rendu mercredi 22 septembre 2010 par la 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris qui met fin à une procédure lourde de menaces pour la liberté des recherches universitaires et scientifiques.
Le tribunal a établi qu’"il est légitime, de la part d’une directrice de recherche en relations internationales spécialiste de l’Asie, agissant aux côtés d’autres personnes, d’attirer l’attention des participants à un colloque organisé dans le cadre de la célébration du 150ème anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon, du ministre des affaires étrangères, de diverses personnalités et des médias, sur le problème que pouvait poser le fait que le principal partenaire financier de cette manifestation soit une fondation dont la dénomination comporte le nom d’un personnage particulièrement controversé de l’histoire du Japon, comme il était également légitime de fournir des informations sur cette fondation, ainsi que sur ce personnage, qui n’étaient pas forcément connus du grand public français. La défenderesse fait d’ailleurs justement observer à cet égard que la fondation japonaise a changé de dénomination pour cesser d’utiliser le nom de SASAKAWA et éviter ainsi toute suggestion d’appartenance à son fondateur".
La Société Française des Etudes Japonaises http://sfej.asso.fr/site/SoutienSFEJKarolyne%20Postel-Vinay.html a vu quant à elle dans cette action de la FFJDS une tentative d'"obtenir d'un tribunal français l'interdiction officielle d'évoquer un sujet qui, actuellement, relève du libre débat intellectuel".

Communiqué AFSP du 7 janvier 2010

Dans nos métiers, ceux de la recherche et de l’enseignement, nous sommes amenés à travailler sur des sujets souvent sensibles (le populisme, l’extrême droite, les violences politiques, les usages sociaux des sondages…) qui amènent parfois les acteurs politiques ou médiatiques concernés à réagir fortement aux protocoles méthodologiques mis en œuvre et aux résultats scientifiques énoncés. L’actualité récente, que l’on songe à la condamnation finalement (et heureusement) non confirmée en dernière instance d’Isabelle Sommier, de Xavier Crettiez et de Juan J. Torreiro l’année dernière ou récemment à la procédure judiciaire qui vise Alain Garrigou [en savoir plus]), voit se multiplier les procédures judiciaires et parfois disciplinaires [en savoir plus].
L’Association Française de Science Politique s’inquiète de cette judiciarisation croissante des controverses en sciences sociales et politiques. Face à la multiplication des actions judiciaires ou disciplinaires visant des enseignants et chercheurs spécialistes de la vie politique contemporaine, l’AFSP rappelle que, comme celle de la presse, la « liberté scientifique ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ». Elle appelle tous ses membres à se montrer vigilants vis-à-vis de ces procédures qui pourraient menacer à terme notre liberté d’intervention dans l’espace public et médiatique. En lançant en septembre dernier une réflexion collective sur l’éthique de nos pratiques professionnelles [http://forumethique-afsp.over-blog.fr/], l’Association entend aussi montrer que notre communauté possède en elle-même les ressources susceptibles de construire collectivement un mode d’intervention maîtrisé dans l’espace public.
L’Association Belge de Science Politique pour la Communauté française (ABSP-CF) partage nos préoccupations et s’associe à ce communiqué.